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Convention collective des agences de mannequins : IDCC 3252

L'essentiel en six points.

  • Les agences de mannequins relèvent de la convention collective nationale des entreprises au service de la création et de l'événement, IDCC 3252, dont l'annexe V est consacrée aux agences de mannequins.
  • Cette convention a été étendue par arrêté du 13 mars 2025, publié au Journal officiel du 18 mars 2025.
  • L'ancienne convention des mannequins adultes et enfants de moins de 16 ans, IDCC 2397 du 22 juin 2004, étendue par arrêté du 13 avril 2005, ne sert plus que de référence historique : son champ a été fusionné dans le cadre de la restructuration des branches.
  • Deux populations sont couvertes et ne se traitent pas de la même façon : les salariés permanents de l'agence et les mannequins mis à disposition de clients utilisateurs.
  • Le mannequin est présumé salarié C. trav. L.7123-3. La somme versée à l'occasion de la vente ou de l'exploitation de l'enregistrement de sa présentation n'est pas un salaire dès lors que sa présence physique n'est plus requise et qu'elle n'est pas fonction du salaire reçu C. trav. L.7123-6.
  • Pour un mannequin mineur, le surplus de la rémunération constitue un pécule versé à la Caisse des dépôts et consignations, géré jusqu'à sa majorité ou son émancipation C. trav. L.7124-9.

Un sujet à vérifier avec précision

Pour une agence de mannequins, la convention collective applicable n'est pas un simple détail administratif.

Elle influence directement la gestion sociale de l'agence : bulletins de paie, contrats, rémunérations minimales, salariés permanents, mannequins adultes, enfants mannequins, droits à l'image, durée du travail, DSN, organismes sociaux et obligations documentaires.

Pendant longtemps, les agences de mannequins étaient associées à la convention collective nationale des mannequins adultes et enfants de moins de 16 ans employés par les agences de mannequins, connue sous l'IDCC 2397.

Mais aujourd'hui, il faut être plus précis.

À la date de rédaction de cet article, la convention collective à retenir pour les agences de mannequins est la convention collective nationale des entreprises au service de la création et de l'événement, IDCC 3252, avec une annexe V spécifique aux agences de mannequins. Légifrance présente cette convention comme étendue par arrêté du 13 mars 2025, publié au Journal officiel du 18 mars 2025.

Chez paies-mannequins.fr, nous accompagnons les agences dans l'application pratique de ce cadre conventionnel, afin de sécuriser leurs bulletins, leurs déclarations sociales et leur organisation interne.

IDCC 2397 : l'ancienne référence historique

L'IDCC 2397 correspond à l'ancienne convention collective nationale des mannequins adultes et enfants de moins de 16 ans employés par les agences de mannequins, signée le 22 juin 2004 et étendue par arrêté du 13 avril 2005.

Cette référence reste encore présente dans de nombreux documents, anciennes fiches de paie, recherches Google, modèles internes, contrats ou ressources professionnelles.

C'est précisément là que le risque commence.

Utiliser une ancienne référence sans vérifier son état peut conduire à une mauvaise lecture des obligations sociales applicables.

Légifrance indique que le champ d'application de l'ancienne convention IDCC 2397 a été fusionné avec celui de la convention collective nationale des entreprises techniques au service de la création et de l'événement, IDCC 2717, dans le cadre de la restructuration des branches professionnelles.

L'ancienne convention IDCC 2397 apparaît donc comme une référence historique, mais elle ne doit plus être utilisée mécaniquement comme si elle constituait le cadre conventionnel autonome actuellement applicable.

En clair : IDCC 2397 permet de comprendre l'historique du secteur, mais la référence opérationnelle actuelle doit être vérifiée au regard de l'IDCC 3252.

IDCC 3252 : la référence actuelle à retenir

La convention collective nationale des entreprises au service de la création et de l'événement, IDCC 3252, contient une annexe dédiée aux agences de mannequins.

Cette annexe V complète les dispositions générales de la convention collective pour le secteur des agences de mannequins. Elle couvre les entreprises exerçant à titre principal l'activité d'agence de mannequins, pour l'ensemble de leurs salariés permanents ainsi que pour les mannequins.

C'est donc cette convention qui doit servir de base de travail pour une agence de mannequins.

Elle permet de traiter deux grandes populations :

  • les salariés permanents de l'agence ;
  • les salariés mannequins, adultes ou enfants, employés dans le cadre des prestations.

Cette distinction est essentielle en paie.

Un booker, un assistant administratif, un responsable de production ou un chargé de développement ne se traite pas comme un mannequin intervenant sur une prestation.

Le rattachement conventionnel peut être commun, mais la mécanique sociale n'est pas identique.

Qui est concerné par cette convention collective ?

L'annexe V de l'IDCC 3252 vise les entreprises dont l'activité principale est celle d'agence de mannequins.

Une agence de mannequins est, en pratique, une structure qui met provisoirement des mannequins à disposition d'utilisateurs, à titre onéreux, en les embauchant et en les rémunérant à cet effet. Cette définition figure dans le Code du travail.

Sont donc concernés :

  • les agences de mannequins adultes ;
  • les agences spécialisées dans les enfants mannequins ;
  • les agences travaillant avec des mannequins étrangers ;
  • les agences premium ou internationales ;
  • les agences mixtes travaillant avec plusieurs profils ;
  • les agences disposant de salariés permanents ;
  • les agences assurant la mise à disposition de mannequins auprès de clients utilisateurs.

Le point clé est l'activité principale réellement exercée.

Il faut donc analyser la situation concrète de l'entreprise : objet social, activité déclarée, prestations facturées, contrats, organisation interne et personnel employé.

Salariés permanents : une gestion sociale spécifique

Les salariés permanents sont les collaborateurs qui participent à l'activité continue de l'agence.

Il peut s'agir notamment :

  • des bookers ;
  • des assistants ;
  • des responsables administratifs ;
  • des chargés de production ;
  • des responsables commerciaux ;
  • des responsables talents ;
  • des fonctions support ;
  • des dirigeants salariés, le cas échéant.

L'annexe V de l'IDCC 3252 contient une partie dédiée aux salariés permanents. Légifrance mentionne notamment les règles relatives aux salariés permanents des agences de mannequins dans cette annexe.

Pour ces salariés, la paie se rapproche davantage d'une paie classique : contrat de travail permanent, salaire mensuel, temps de travail, absences, congés payés, mutuelle, prévoyance, retraite complémentaire, DSN et documents sociaux.

Mais il ne faut pas pour autant négliger les spécificités du secteur.

Les agences de mannequins peuvent connaître des pics d'activité liés aux shootings, fashion weeks, campagnes, défilés, castings ou manifestations internationales.

La gestion sociale doit donc être adaptée à une organisation parfois très souple, sans sortir du cadre conventionnel.

Salariés mannequins : une mécanique différente

Les mannequins employés par une agence ne relèvent pas d'une paie standard.

Le Code du travail prévoit une présomption de contrat de travail lorsqu'une personne s'assure, moyennant rémunération, le concours d'un mannequin.

Cela signifie qu'une agence ne peut pas traiter la rémunération d'un mannequin comme une simple facture de prestation indépendante sans analyse juridique et sociale sérieuse.

En pratique, la paie mannequin repose sur une logique spécifique :

  • prestation ponctuelle ;
  • contrat de travail spécifique ;
  • contrat de mise à disposition ;
  • rémunération liée à la prestation ;
  • indemnité compensatrice de congés payés ;
  • éventuels droits à l'image ;
  • éléments de booking ;
  • données d'identification ;
  • DSN ;
  • organismes sociaux ;
  • justificatifs administratifs.

Le bulletin mannequin doit donc être établi avec une lecture fine des éléments transmis par l'agence.

Ce n'est pas une paie mensuelle classique.

C'est une paie par prestation, avec des règles propres au métier.

Le contrat de mise à disposition : une obligation centrale

Lorsqu'une agence de mannequins met un mannequin à disposition d'un utilisateur, un contrat de mise à disposition doit être conclu par écrit entre l'utilisateur et l'agence. Ce contrat doit préciser les caractéristiques de la prestation demandée au mannequin, et un exemplaire doit être remis au mannequin avant acceptation de la mission.

Ce document est central.

Il permet de rattacher la prestation au client, à la date, au lieu, à la durée, à la nature de la mission et à la rémunération prévue.

Sans contrat de mise à disposition correctement renseigné, la production du bulletin devient fragile.

La paie doit pouvoir s'appuyer sur des documents cohérents :

  • contrat de mise à disposition ;
  • contrat de travail mannequin ;
  • éléments de booking ;
  • rémunération prévue ;
  • durée ou période de prestation ;
  • droits éventuels ;
  • justificatifs administratifs.

Dans ce secteur, le bulletin de paie est le résultat final d'une chaîne documentaire.

Si la chaîne est bancale, le bulletin le devient aussi.

Rémunérations minimales : un point de contrôle obligatoire

La convention collective IDCC 3252 contient des dispositions spécifiques sur les rémunérations des mannequins.

L'article 3.4 de l'annexe V prévoit notamment que le salaire brut perçu par un mannequin pour une prestation donnée ne peut pas être inférieur à un pourcentage minimum des sommes versées par l'utilisateur à l'agence. Les pourcentages mentionnés sont de 33 % pour les prises de vues destinées à la presse rédactionnelle et de 36 % pour les autres prestations.

Cette règle ne dispense pas de contrôler les salaires minimaux applicables.

La même disposition précise que l'application de ces pourcentages ne peut pas avoir pour effet de rémunérer le mannequin en dessous du salaire minimum brut applicable.

Pour une agence, cela signifie qu'il faut contrôler à la fois :

  • la nature de la prestation ;
  • le montant facturé au client ;
  • le pourcentage minimum applicable ;
  • le salaire minimum prévu ;
  • la rémunération réellement versée ;
  • l'indemnité de congés payés ;
  • les éventuelles régularisations.

Une mauvaise lecture des minima peut entraîner des rappels de salaire, des contestations ou des difficultés en cas de contrôle.

La rémunération mannequin est donc un sujet à piloter, pas une ligne à saisir au hasard dans le logiciel de paie.

Salaires 2025 : attention aux mises à jour

La convention collective peut faire l'objet d'avenants et de mises à jour, notamment en matière de salaires minimaux.

Légifrance mentionne un avenant n° 2 du 22 janvier 2025 relatif à la négociation annuelle obligatoire sur les salaires des salariés mannequins, rattaché à l'IDCC 3252 et étendu par arrêté du 9 avril 2025 publié au Journal officiel du 16 mai 2025.

Il ne suffit donc pas d'identifier la bonne convention collective.

Il faut également vérifier la bonne version des grilles, avenants et mises à jour applicables.

C'est un point important pour le site paies-mannequins.fr : la promesse ne doit pas être seulement "nous produisons les bulletins", mais bien "nous assurons une veille sociale adaptée à votre secteur".

Mannequins enfants : une vigilance renforcée

Les agences qui emploient des enfants mannequins doivent appliquer des règles spécifiques.

La convention collective et le Code du travail prévoient des dispositions particulières concernant les mineurs, notamment sur les autorisations, les représentants légaux, le suivi médical, les documents à remettre, la rémunération et la conservation des pièces.

Le site du SYNAM rappelle que l'activité des agences de mannequins est encadrée à la fois par le Code du travail et par la convention collective, et il renvoie aujourd'hui à une convention collective IDCC 3252 pour les mannequins adultes et les mannequins enfants de moins de 16 ans employés par les agences de mannequins.

Pour la paie, cela implique une organisation renforcée :

  • dossier du mineur ;
  • informations des représentants légaux ;
  • autorisations nécessaires ;
  • suivi documentaire ;
  • rémunération ;
  • bulletin ;
  • DSN ;
  • archivage.

Un enfant mannequin ne doit jamais être traité comme un dossier ordinaire.

La vigilance sociale doit être plus forte, parce que le risque est plus sensible.

Mannequins étrangers : attention à la convention et aux justificatifs

Les agences travaillent souvent avec des talents internationaux.

La convention collective IDCC 3252 comporte des sous-annexes spécifiques, notamment une convention de collaboration relative aux mannequins étrangers. Légifrance liste également des sous-annexes relatives au mandat civil de représentation, aux bordereaux de versement des droits et à la note d'information destinée au mannequin.

En paie, les mannequins étrangers soulèvent plusieurs difficultés pratiques :

  • état civil ;
  • nationalité ;
  • adresse ;
  • NIR ;
  • affiliation ;
  • justificatifs ;
  • intervention temporaire en France ;
  • cohérence DSN ;
  • contrat ;
  • prestation ;
  • droits éventuels.

Le risque n'est pas seulement conventionnel.

Il est aussi déclaratif.

Une information manquante ou mal renseignée peut créer une anomalie DSN, un mauvais rattachement social ou une régularisation ultérieure.

Droits à l'image : un sujet conventionnel et documentaire

La convention IDCC 3252 comprend des sous-annexes relatives aux bordereaux de versement des droits des mannequins adultes et enfants.

C'est un point très différenciant.

Les droits à l'image ne doivent pas être confondus avec la rémunération de la prestation.

La prestation rémunère le travail réalisé : shooting, défilé, tournage, essayage, campagne, présentation.

Les droits à l'image concernent l'exploitation de l'image : durée, territoire, supports, client, campagne, renouvellement ou réutilisation.

Pour une agence, il faut donc pouvoir distinguer :

  • le salaire de prestation ;
  • les droits patrimoniaux ;
  • les bordereaux ;
  • les reversements ;
  • les prélèvements sociaux ;
  • les justificatifs ;
  • l'archivage.

C'est un sujet sur lequel un cabinet de paie généraliste peut rapidement glisser, surtout si le dossier est traité comme une paie classique.

Et dans ce secteur, glisser n'est élégant que sur un podium bien éclairé.

La convention collective ne remplace pas le Code du travail

La convention collective applicable est essentielle, mais elle ne suffit pas.

Les agences de mannequins sont également soumises aux dispositions spécifiques du Code du travail.

Le Code du travail prévoit notamment :

  • la définition de l'agence de mannequins ;
  • la présomption de contrat de travail ;
  • l'obligation de contrat de mise à disposition ;
  • la responsabilité de l'utilisateur pendant la prestation ;
  • l'obligation de garantie financière ;
  • les règles relatives aux organismes sociaux ;
  • certaines sanctions pénales en cas de non-respect.

Par exemple, l'agence doit justifier d'une garantie financière assurant, en cas de défaillance, le paiement des salaires, accessoires, cotisations sociales obligatoires et sommes dues au mannequin.

Le Code du travail prévoit également des sanctions en cas de défaut de contrat de travail écrit, de défaut de contrat de mise à disposition écrit ou de défaut de garantie financière.

La bonne approche consiste donc à croiser trois niveaux :

1. le Code du travail ;

2. la convention collective IDCC 3252 ;

3. les documents internes et contractuels de l'agence.

C'est cette lecture croisée qui permet de sécuriser la paie.

Les erreurs fréquentes des agences

Les erreurs les plus fréquentes sont les suivantes :

  • continuer à indiquer uniquement l'IDCC 2397 sans vérifier le cadre actuel ;
  • ne pas distinguer salariés permanents et mannequins ;
  • appliquer une paie classique aux prestations mannequins ;
  • oublier les règles spécifiques de rémunération ;
  • négliger les droits à l'image ;
  • mal traiter les mannequins étrangers ;
  • ne pas structurer les dossiers enfants mannequins ;
  • produire les bulletins sans rapprochement avec le contrat de mise à disposition ;
  • transmettre la DSN sans contrôler les anomalies ;
  • ne pas suivre les avenants salaires ;
  • ne pas archiver les pièces justificatives.

La convention collective n'est pas une formalité.

C'est la colonne vertébrale sociale de l'agence.

Et une colonne vertébrale mal alignée finit toujours par se voir, même sur une très belle silhouette.

Comment vérifier la convention collective appliquée dans votre agence ?

Pour vérifier le bon rattachement conventionnel, il faut analyser plusieurs éléments :

  • l'activité principale réellement exercée ;
  • le code APE ;
  • l'objet social ;
  • les prestations facturées ;
  • les contrats clients ;
  • les bulletins de paie existants ;
  • les DSN ;
  • les salariés permanents ;
  • les mannequins employés ;
  • les éventuelles anciennes références conventionnelles ;
  • les affiliations aux organismes sociaux ;
  • les paramétrages de paie.

L'objectif est de vérifier que la convention appliquée correspond bien à l'activité réelle de l'agence et que les bulletins sont cohérents avec le cadre conventionnel actuel.

Cette analyse est particulièrement utile en cas de :

  • création d'agence ;
  • reprise d'un dossier paie ;
  • changement de prestataire ;
  • contrôle URSSAF ;
  • croissance rapide ;
  • développement international ;
  • gestion d'enfants mannequins ;
  • mise en place d'un process droits à l'image.

paies-mannequins.fr accompagne les agences dans leur conformité sociale

paies-mannequins.fr accompagne les agences de mannequins dans l'application pratique de leur convention collective.

Nous intervenons notamment sur :

  • l'identification de la convention collective applicable ;
  • le contrôle des bulletins existants ;
  • le paramétrage paie ;
  • la production des bulletins mannequins ;
  • la paie des salariés permanents ;
  • la vérification des minima ;
  • la gestion des droits à l'image ;
  • les mannequins étrangers ;
  • les enfants mannequins ;
  • les DSN ;
  • le suivi des organismes sociaux ;
  • l'audit social de l'agence.

Notre objectif est simple : transformer une convention collective complexe en une gestion sociale claire, fiable et exploitable.

Classifications et grille conventionnelle

La convention distingue deux logiques de classement. Les salariés permanents de l'agence, bookers, chargés de production, comptables, assistants, sont rattachés à un emploi repère de la grille conventionnelle, avec un niveau et un coefficient. Les mannequins sont rémunérés par prestation, dans le cadre de contrats à durée déterminée d'usage successifs.

Le classement d'un salarié permanent ne se lit pas sur l'intitulé du poste inscrit au contrat, mais sur les fonctions réellement exercées : encadrement, autonomie, technicité, responsabilité commerciale. C'est le point que l'URSSAF et les conseils de prud'hommes examinent en premier lorsqu'un rappel de salaire est réclamé.

Trois conséquences directes en paie :

  • le coefficient détermine le minimum conventionnel applicable, qui ne peut jamais être inférieur au SMIC ;
  • il conditionne le calcul de l'ancienneté et, selon les stipulations en vigueur, certaines garanties de prévoyance ;
  • il doit figurer sur le bulletin de paie, avec l'intitulé de la convention collective appliquée.

La grille est mise à jour par avenants salaires. Le contrôle des minima doit donc être refait à chaque revalorisation, et non une fois pour toutes : voir notre page salaires minimaux des mannequins.

Rémunération, cachets et minima

La rémunération de la prestation, couramment appelée cachet, est un salaire. Elle est soumise aux cotisations de sécurité sociale, à la CSG et à la CRDS dans les conditions de droit commun, et elle ouvre les droits sociaux du mannequin.

Le contrat de travail et le contrat de mise à disposition doivent décrire précisément ce que le cachet couvre : durée de la prestation, temps de préparation et d'essayage, conditions de dépassement, déplacements. Une prestation mal décrite se paie deux fois, une première fois au mannequin, une seconde fois au moment du contrôle.

Points de contrôle avant chaque paie :

  • comparaison du cachet au minimum conventionnel de la catégorie et au SMIC ;
  • traitement des majorations prévues par la convention pour le travail de nuit, le dimanche et les jours fériés ;
  • indemnité compensatrice de congés payés, traitée sur notre page congés payés des mannequins ;
  • distinction stricte entre la rémunération de la prestation et la redevance d'exploitation de l'image.

Droits à l'image et cessions

Deux sommes coexistent et ne suivent pas le même régime. La première rémunère la prestation du mannequin et constitue un salaire. La seconde rémunère l'exploitation de l'enregistrement de cette prestation. Elle échappe à la qualification de salaire aux deux conditions posées par le Code du travail : la présence physique du mannequin n'est plus requise pour exploiter l'enregistrement, et la somme n'est pas fonction du salaire reçu pour la prestation C. trav. L.7123-6.

La cession doit être délimitée par écrit, faute de quoi la redevance devient difficile à défendre :

  • les supports autorisés, presse, affichage, numérique, réseaux sociaux, point de vente ;
  • le territoire d'exploitation ;
  • la durée de la cession et les conditions de son renouvellement ;
  • l'exclusivité éventuelle et son périmètre.

Le régime social de la redevance et son inscription sur le bulletin sont détaillés sur nos pages droits à l'image des mannequins et CSG-CRDS des mannequins. L'erreur la plus coûteuse consiste à faire porter par la redevance une partie de la rémunération de la prestation : le redressement porte alors sur la totalité des sommes requalifiées.

Mannequins mineurs, autorisation et consignation

L'emploi d'un mannequin de moins de seize ans obéit à un régime propre, prévu par le Code du travail et non par la seule convention collective.

  • Une autorisation individuelle préalable est délivrée par l'autorité administrative, après avis d'une commission C. trav. L.7124-1.
  • L'agence qui engage régulièrement des enfants peut solliciter un agrément, qui remplace l'autorisation individuelle dans les conditions fixées par les textes C. trav. L.7124-5.
  • Les durées de travail et de repos sont encadrées par voie réglementaire, par tranche d'âge, et s'apprécient sur la journée comme sur la période scolaire.
  • Une part de la rémunération peut être laissée à la disposition des représentants légaux. Le surplus constitue le pécule de l'enfant : il est versé à la Caisse des dépôts et consignations, qui le gère jusqu'à la majorité ou l'émancipation C. trav. L.7124-9.

En paie, cela se traduit par un bulletin établi au nom de l'enfant, une ventilation explicite entre la part disponible et la part consignée, et la conservation des autorisations au dossier. Le détail des pièces figure sur notre page enfants mannequins.

Mannequins étrangers

Un mannequin venu de l'étranger pour une prestation en France reste un salarié de l'agence. Trois vérifications précèdent la paie :

  • le droit de travailler en France, selon la nationalité, la durée et la nature de la mission ;
  • l'identification du salarié en DSN : numéro de sécurité sociale lorsqu'il existe, numéro technique temporaire à défaut, avec les pièces d'état civil qui permettront l'immatriculation ;
  • le régime social applicable, qui dépend de l'affiliation et de la domiciliation fiscale du mannequin.

Ces points sont repris en détail sur notre page mannequins étrangers, NIR, DSN et justificatifs.

Cotisations, Audiens et organismes sociaux

La convention rattache l'agence aux organismes de la branche création et événement. La chaîne déclarative se répartit ainsi :

  • l'URSSAF recouvre les cotisations de sécurité sociale, la CSG et la CRDS, à partir des données transmises en DSN ;
  • Audiens, groupe de protection sociale de la branche, gère la retraite complémentaire Agirc-Arrco ainsi que les régimes de prévoyance et de santé prévus par la convention ;
  • le service de santé au travail assure le suivi médical des salariés permanents et des mannequins ;
  • les contributions de formation professionnelle et d'apprentissage suivent le circuit de droit commun.

Le suivi mensuel des comptes rendus métiers et des anomalies conditionne la fiabilité des droits des salariés : notre page Audiens, URSSAF et organismes sociaux décrit ce contrôle.

Ce que la convention change dans la DSN

La déclaration sociale nominative est mensuelle et se dépose le 5 ou le 15 du mois suivant, selon l'effectif et la date de versement des rémunérations. Une agence de mannequins doit y porter une attention particulière sur cinq points.

  1. Le code convention collective déclaré doit être celui réellement appliqué, l'IDCC 3252. Un code hérité de l'ancienne convention entretient des anomalies en cascade chez les organismes.
  2. Chaque prestation donne lieu à un contrat à durée déterminée d'usage, avec un motif de recours, une date de début et une date de fin. Les contrats très courts et nombreux sont la première source de rejets.
  3. La redevance d'exploitation de l'image se déclare selon son régime propre et ne se confond pas avec la rémunération de la prestation.
  4. Le signalement de fin de contrat de travail est transmis dans les cinq jours ouvrés qui suivent la fin du contrat.
  5. Les affiliations aux régimes gérés par Audiens doivent correspondre aux garanties conventionnelles réellement dues.

La lecture ligne à ligne d'un bulletin conforme est proposée sur notre page bulletin de paie d'un mannequin.

Pour aller plus loin

Conclusion

Pour une agence de mannequins, la convention collective à appliquer doit être vérifiée avec rigueur.

L'ancienne référence IDCC 2397 reste importante pour comprendre l'historique du secteur, mais la référence actuelle à utiliser est l'IDCC 3252, convention collective nationale des entreprises au service de la création et de l'événement, avec une annexe spécifique aux agences de mannequins.

Cette convention doit être articulée avec le Code du travail, les contrats, les éléments de prestation, les droits à l'image, les dossiers étrangers, les enfants mannequins et les obligations déclaratives.

Une agence de mannequins ne peut pas piloter sa paie avec une convention mal identifiée.

Elle a besoin d'un cadre précis, d'un paramétrage fiable et d'un suivi social adapté.

Avec paies-mannequins.fr, vous bénéficiez d'un accompagnement spécialisé pour sécuriser vos bulletins, vos DSN et votre gestion sociale.

Avertissement. Cet article présente une synthèse indicative à la date de sa rédaction. Il ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Pour une analyse de votre situation, contactez-nous.